Le mot de Guy TEISSIER, Président de la Commission de la Défense Nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale


Il nous a semblé cette année que le thème fédérateur de notre rencontre ne pouvait que porter sur les conséquences, pour la Défense, son personnel et son industrie, de la crise économique et financière internationale.

Une crise ne présente pas que des inconvénients. N’oublions pas qu’en chinois, le vocable crise se traduit par les idéogrammes représentant les idées de chaos et d’opportunité.

Il nous faut saisir l’occasion de la crise pour réfléchir aux voies et moyens de rationaliser notre outil de défense, de le rendre plus efficace, plus efficient surtout. La coopération européenne peut être l’occasion d’analyser l’optimisation des dépenses de défense et les possibilités de mutualisations communes. Nous avons déjà fait des progrès, mais nous pouvons aller plus loin encore. Je suis convaincu que les échanges que nous aurons à Saumur pourront y contribuer.



Le mot de Josselin de ROHAN, Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat


Il y a un an, le Livre blanc soulignait combien la mondialisation accentuait la complexité et l’incertitude de notre environnement, et il appelait à une vision globale de notre de défense et de notre sécurité, prenant davantage en compte l’interaction des dynamiques politiques, stratégiques, économiques et culturelles.

Au moment même où nous devons mettre en œuvre ce Livre blanc, une crise économique et financière d’ampleur mondiale témoigne de cette volatilité et de la nécessité d’allier réactivité et capacité d’adaptation.

A l’occasion de cette 7ème Université d’été, l’actualité ne pouvait que nous inciter à réfléchir sur les conséquences de ce nouveau contexte, pour la France et pour l’Europe, en matière de défense et de sécurité.

La crise va-t-elle exacerber les tensions ou au contraire accentuer le besoin de coopération et de régulation internationale ? Quel sera son impact sur les rapports de forces internationaux ? Quels défis impose-t-elle à l’industrie européenne de défense ? Pèsera-t-elle lourdement sur les budgets militaires ou doit-elle inciter, comme on l’a vu en France avec le plan de relance, à les consolider ? Autant de questions sur lesquelles un débat mérite d’être ouvert.

En nous présentant ses équipements autour du thème des « réalités de l’engagement », l’armée de terre nous invite cependant à conserver constamment à l’esprit ce qui fait, depuis maintenant près de quinze ans, le quotidien de la mission des forces armées : un engagement permanent et intensif dans des opérations de nature très diverses et souvent difficiles. Plusieurs ateliers nous permettront d’en approfondir les implications.

Enfin, comme à l’accoutumée, les enjeux industriels et technologiques constitueront la toile de fond de nos réflexions, tant il est vrai qu’ils sont indissociables de notre posture de défense.

Ces deux journées offrent de multiples occasions d’échanges, dans le climat de grande liberté de ton qui fait l’originalité de cette Université. Que chacun – parlementaires français et européens, responsables civils et militaires de la défense, industriels – y trouve matière à enrichir sa réflexion.

Je remercie vivement la ville de Saumur, qui nous accueille, ainsi que l’armée de terre et les groupes industriels de défense, pour leur précieux concours à l’organisation de nos journées. Je suis certain que nos travaux seront riches et fructueux et qu’ils contribueront utilement au débat sur l’avenir de notre défense.